Intervention de Louis-Mohamed Seye au Conseil National du 11 avril 2015

Louis-Mohamed Seye

Bonjour à toutes et à tous, bonjour chers camarades. Je vais dire quelques mots pour notre motion Osons un nouveau pacte citoyen et républicain. Comme vous le savez, comme Florence l’a expliqué tout à l’heure, c’est la motion des militants, c’est la motion de gens de terrain, qui font des diagnostics. Elle a tout expliqué, je ne reviens pas là-dessus. Je voudrais commencer par citer un auteur, je pense que quelques-uns d’entre vous le connaissent, qui s’appelle Amadou Hampâté Bâ. Il disait : « Le puissant et majestueux baobab, le roi de la savane, est né d’une graine pas plus grosse qu’un grain de café ».

Cela veut dire que nul ne sait de quelle action apparemment modeste sortira l’événement qui va changer la face des choses. Donc, on ne sait pas de quoi va accoucher notre Congrès, mais en tout cas, moi, je tiens à dire qu’il y a beaucoup de belles choses qui ont été écrites et qu’il y a beaucoup de propositions qu’on pourrait reprendre et dont on peut être fier d’être socialistes, on peut être fier de nos valeurs, et je crois qu’il ne faut pas mettre notre fierté socialiste sous le bras. Alors, je vais dire quelques mots sur la diversité, c’est une vieille antienne ça aussi, c’est un combat de plus de vingt ans, mais il faut encore le rappeler, nous devons faire des progrès. Je ne vais pas développer, mais j’en ai déjà parlé la dernière fois, il faut qu’on fasse encore des progrès là-dessus, parce que cela avance trop lentement. Quand j’étais secrétaire national du Parti socialiste à l’égalité citoyenne, j’ai vu en France beaucoup de talents de la diversité, justement, qui ne demandaient qu’à éclore et, malheureusement, ils étaient empêchés par ce plafond de verre dont on parle souvent pour nos cadres qui sont issus des quartiers populaires ou de l’immigration.

Nous, notre rêve, dans cette motion, notre rêve, c’est la France plurielle. Et j’en avais parlé là aussi, c’est l’avènement de la France plurielle. Notre rêve, c’est les quartiers populaires, c’est les quartiers populaires qui ont déserté le vote, qui ont fourni la grande masse des abstentionnistes aux dernières élections. Et il faut vraiment faire un effort pour aller reconquérir ces quartiers, et nous avons quelques solutions là aussi dans notre motion, et je ne développe pas là non plus.

Vous savez que dans certains quartiers, tout à l’heure Gérard Colomb en a parlé, il y a 30 à 40 % de chômage, et ça c’est intolérable, on ne peut pas l’accepter en tant que socialistes, ce n’est pas possible.

Nous avons aussi le combat contre la grande pauvreté, il y a presque 9 millions de pauvres dans notre pays, la précarité que ça engendre, vous le savez, là aussi, il faut que l’on prenne ce dossier à bras le corps.

Et puis, j’ai peur d’oublier, je dis tout de suite, quelque chose, une antienne de plus de trente ans, le droit de vote des étrangers ; ça, on y tient vraiment, c’est important pour nous, et ça peut aussi amener les Français issus de l’immigration à nous rejoindre.

Le co-développement aussi, on en parle dans notre motion, c’est un moyen d’assurer une cohésion sociale avec les associations des étrangers, là non plus, je ne développe pas.

Et je veux, là, maintenant, rendre hommage aussi aux associations de défense des droits de l’homme que j’avais reçues à Solferino et aux associations de jeunesse et d’éducation populaire grâce auxquelles de nombreux jeunes ont pu réussir leur vie, et ça, c’est quelque chose… Vous savez qu’il y a beaucoup de ces dirigeants et de ces bénévoles qui partagent nos idées, et là encore, il faut reconstruire le lien avec eux. Vraiment, il faut qu’on se remette sur l’ouvrage.

Pour revenir à la diversité, je pense que la diversité, elle doit être en première ligne pour lutter contre tous les extrémismes religieux et politiques. La diversité est bien placée pour ça, et vous savez qu’il y a vraiment un très grand malaise dans les quartiers populaires par rapport à la montée du Front national, nous ne vivons pas cela avec gaieté de cœur. On le vit très mal, et je pense que là, il y a un très grand travail, il faut reconstruire le lien, il faut reconstruire quelque chose vraiment pour « récupérer » (entre guillemets) tout notre électorat populaire et toutes les classes populaires et les classes moyennes, il faut vraiment faire quelque chose.

Il faut une laïcité plus ouverte, parce qu’on a l’impression que nous sommes trop sur la défensive aussi sur ce plan-là.

Voilà. Je termine. Alors, je pense que le Président de la République, il a besoin de tout le monde, il a besoin de nous tous pour réussir en 2017. C’est possible. On peut le faire. Je crois qu’on entend dire que les indicateurs commencent à être au vert, pourquoi pas, il faut y croire. Nous, de toute façon, nous n’avons jamais été défaitistes, nous sommes là pour dire seulement nos propositions, pour dire « Attention », pour tirer les sonnettes d’alarme là où il faut, je suis très fier de la proposition qu’a fait Thierry sur l’économie verte, il y a des pépites comme ça dans notre motion, je crois, qui sont partagées par beaucoup, Gaétan Gorce aussi en a parlé, donc je crois qu’il faut vraiment essayer de tirer la quintessence de tous les socialistes de bonne volonté, mais je crois qu’on est tous de bonne volonté pour réussir notre Congrès, pour faire avancer notre parti. Et je voudrais terminer quand même en disant que tout de même, nous sommes un grand pays, et que vraiment, nous sommes un grand peuple, et que je suis très fier d’être socialiste, et que je suis très fier d’être Français aussi.

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